But de l'association

Créer des lieux d’accueil, de mémoire et de Recherche-Action sur l’échange interculturel par le recueil de témoignages de retour et de journaux d'itinérance, la préparation au départ, la rencontre entre migrants, voyageurs et autochtones ici comme ailleurs,  et l'ouverture d'une  réflexion nouvelle sur les rapports nord/sud

La boite à lettres traces.bretagne@gmail.com est là pour recueillir vos contributions, vos articles, vos demandes de rencontre, vos témoignages, vos informations.

Pour joindre directement la présidente à Quimper par le biais de l'Ecrithèque : 02 98 64 86 57


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Voici une rubrique qui pourrait devenir régulière si chacun d'entre les adhérents de l'asso envoyait une ou deux fois par an une note de lecture sur un ouvrage qui l'a particulièrement marqué, ou interessé.


Aujourd'hui Serge Bonnal nous propose une rencontre avec le peuple Maasaï à partir du livre de Xavier Péron


Xavier Péron Retour à la Vie Collection Les Regards de l’Autre (Ouestélio)

 

Xavier Péron, expert des Peuples premiers, s’est consacré à la cause Maasaï, après avoir démissionné de ses fonctions d’enseignant –chercheur. Dans ce livre, il transmet d’abord neuf messages que lui a confiés Kenny Matampash Ole Meritei, Porte-parole des Maasaï auprès de diverses agences internationales.


L’enjeu est de « nous sauver tous ». Sur les plans économique et écologique, les Maasaï ont déjà connu, après les méfaits du colonialisme, ceux du progrès apportés par l’agrobusiness : de 2001 à 2004, pas une goutte de pluie alors que les réserves d’eau sont utilisées pour irriguer de « gigantesques plantations d’agrumes et de fruits de la passion destinés à l’exportation » ; fertilisants utilisés à haute dose dont l’ingestion tue les vaches, destruction de la biodiversité. Sur le plan culturel, leur « précieux héritage » est en danger : « [le village global], nouveau concept issu de l’idéologie du développement, est le pire fossoyeur de l’humanité et des Peuples primaires que nous ayons jamais connu » ; en effet, ceux qui parlent de ce village virtuel ne savent plus ce qu’est un village et « veulent que nous nous engagions à notre tour dans une société sans villages, sans différences, sans spécificités et sans valeurs… C’est l’anesthésie, la mort assurée, consciemment ».


Les valeurs conservées intégralement par les Maasaï –Dignité, Intégrité, Amour, Humilité- relèvent directement de leur connexion avec le « Grand Tout », appelé également « Pouvoir Cosmique » Ce lien est « l’énergie du monde » et nous rend co-Créateurs avec l’« Intelligence Cosmique ». Les Peuples Premiers se battent pacifiquement pour que nous nous interrogions sur notre refus obstiné « d’obéir aux lois de la Nature, aux lois cosmiques, à la force vitale qui, en nous, les reflète » et pour réveiller en nous « les forces vives de la Vie ». En effet, au cours de ses études puis de ses nombreux voyages, il ne trouve, derrière les sourires et les convenances que dessèchement, solitude, misère de l’âme et peur de l’autre (exemples de ses « chocs culturels » p. 78 à 85 et 116 – 117).


Pour échapper à cette déshumanisation, Kenny donne l’exemple de la société maasaï, « bâtie sur le concept de voisinage de telle sorte que personne n’ait jamais à souffrir de solitude, le pire de tous les maux pour nous. Un concept dans lequel chacun prend soin de tous. » Ce concept se vit au quotidien dans des maisons et villages circulaires ; ainsi se constitue une chaîne « d’une famille à l’autre au sein d’un même village, mais aussi d’un village à l’autre, et par extension, dans l’Univers ». Nous sommes tous reliés et « nos pensées demeurent en harmonie avec la Source car la pensée juste, positive, est toujours circulaire » ; sans ce lien c’est la solitude et le Vide, nous perdons nos repères car nous ne sommes plus « au centre de nous-mêmes ».


Kenny nous incite donc à retrouver notre enracinement et notre équilibre : « L’Intelligence cosmique fera le reste. Et c’est le monde entier qui changera. » A nous de réagir contre notre découragement en nous appuyant sur ce que nous considérons à première vue comme négatif car « rien ne s’opère sans la tension des opposés ». Plutôt que la confrontation qui « pollue intérieurement », il nous exhorte à « [accueillir] les contraires afin de les harmoniser, c’est ainsi que la dualité deviendra inséparable et ne sera plus la dualité ».

L’apprentissage de cette « maîtrise des contraires » est un moment fondamental d’une Initiation qui commence à la naissance et se poursuivra pendant une trentaine d’années. C’est elle qui apporte « l’aptitude à recevoir les messages divins alors que les livres n’apportent pas cette connexion… » ni le discernement nécessaire pour régler les graves problèmes surgissant dans le quotidien. C’est elle qui donne à Kenny la Force d’affronter la modernité et d’oser, « le regard clair et la démarche alerte », proclamer : « Les Maasaï sont un Peuple élu, ils savent qu’Enkaï, Dieu, a tissé un lien particulier avec eux pour qu’ils soient les libérateurs de la Vie dans le monde ».

 

Enfin, dans une sorte d ’Annexe, Xavier Péron présente les objectifs de l’association « Retour à la vie » :

  • Sauver les Maasaï, leurs derniers pâturages, leur environnement, leur culture.

  • Eveiller l’Occident à l’unité intérieure de l’Etre.

  • Créer une « Ecole des Savoirs Premiers et des Regards de l’Autre ».


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Le compte rendu d'AG de TRACÉS du 14 juin s'établit en trois parties publiées sur trois articles différents
- La première concerne nos échanges informels de la matinée afin de déterminer par la suite nos orientations de façon plus précises
- La seconde autre est plus officielle et concerne la partie administrative et les comptes rendus moraux et financiers de l'asso
- La troisième consiste en un relevé de conclusions et d'orientations qui a bouclé la journée

 

3° débat d'orientation pour TRACÉS


La dernière partie de notre journée a consisté en une discussion , avec prise de décisions, au sujet des orientations de l'association.


Débat


Même si nous n'en sommes pas encore arrivés à la définition d'une « recherche action », il apparaît dans nos échanges que les deux termes de l'énoncé : recherche et action sont au cœur de nos préoccupations.


Recherche : Evelyne parle de l'envie de construire ensemble cet espace de réflexion et de ressource sur les fondements philosophiques de nos présupposés et de nos représentations. Danièle parlait aussi du fil rouge qui relierait tout ce qui se fait et se pense au niveau de l'interculturalité. Christian et Agnès sont engagé dans les « histoires de vie ».

Cependant pour le moment une problématique ne se dégage pas clairement, ce sont peut être les travaux engagés à Quimper par les deux sous groupes qui donneront des pistes de recherche (en 2010 ?). Peut être aussi une nécessité de regrouper transversalement tout ce existe en Bretagne sur ces thèmes de recherche afin de ne pas s'épuiser à reprendre toute réflexion en partant de zéro (mutualisation)


Action: nécessité d'avoir du « matériau » pour engager nos réflexions : interviews, témoignages, écriture, expression artistique …

Définir qui est la cible de ces recherche de matériaux et dans quel but.

Serge dit «  on veut donner la parole à ceux qui vivent l'interculturalité » ( double culture, milieux multi culturels, migrants , voyageurs, etc .).

Faut-il cibler seulement ceux qui ont quelque chose à dire ? Supposer que tout le monde a une expression potentielle qui n'est pas souvent entendue ? Faire le jeu des politiques, voire des « humanitaires » qui prétendent souvent « écouter la population » , et après ? L'entendent-ils au final et font-ils pour les gens ce que ceux ci ont demandé, ou ce qui était déjà prévu ? Est ce que l'écoute doit être sollicitée ? Est ce que les gens ont besoin de nous pour se faire entendre, et quels sont ces gens ???


le débat est ouvert autour de ces questions ( non refermé !!)


Ensuite nous évoquons le travail des deux sous groupes et l'utilisation des fonds alloués par la DRJS ( 1000€). On décide de se retrouver en octobre pour une journée d'échanges qui précisera tout cela, en faisant le point des travaux engagés.

Evelyne synthétise les différents points qui sont apparus en question au cours de la journée, et nous essayons de les classer pour en tirer des lignes de conduite pour les deux groupes de travail, au moins jusqu'en octobre.



Émergence des questions:

  • - Où je vais ? À quoi ça sert TRACÉS ?

  • - Comment faire pour travailler avec les autres, ceux qui ne sont pas là, ceux qui sont éloignés de l'association, mais aussi les gens en général qui ne participent pas à la vie sociale ?

  • - Les liens de TRACÉS avec la question du politique

  • - Trouver un lien entre les différents éléments dont nous disposons, conjuguer des actions dans des champs très divers

  • - Chercher les mots porteurs de nos actions

  • - Notre déontologie, comment protège-t-on les matériaux récupérés?

  • - Réflexion sur les fondements philosophiques de notre questionnement (l'humain et la complexité )

  • - Liens entre associations, institutions et TRACÉS, articulation entre le CICODES et TRACÉS, et avec les associations de migrants , éviter les « doublons »

  • - Evolution des représentations

  • - Rôle des diasporas

  • - S'inspirer des mouvements populaires (ici et ailleurs) pour construire d'autres modèles sociaux

  • - Définir les besoins de toute sorte liés à nos actions : finances, objet , production, retour …

  • - Mutualisation et coordination des différents lieux où nous intervenons, éviter la déperdition d'énergie et d'information : chacun d'entre nous est déjà une plaque tournante à son niveau

  • - Comment les avancées des uns peuvent bénéficier aux autres

  • TRACÉS est-il un lieu de ressource, ou d'échanges thématiques permettant une co-formation de ses membres

  • - Valide-t-on les deux groupes de travail ?


Tentative de classement


Groupe 1

Mettre en valeur tous les éléments qui ressortent du thème : « donner la parole » et « mutualiser les actions »

  • - Donner la parole : recueil de témoignages, lien avec le journal de l'Ecrithèque « Passerelles » à Quimper, expression écrite et non écrite, ou parution d'une brochure plus étoffée qui rende compte de ces actions

  • - Mutualiser : rencontre des responsables de lieux , à l'aide d'un questionnaire qui permette de faire un état des lieux sur le territoire

  • - « Catalogue » des rencontres et évènements sur la Bretagne

Groupe 2

Se laisser «  impacter » par la parole des autres

  • - Interviews et témoignages, questions ouvertes et expression libre sur le vécu du choc culturel ( proposition de réunir à un moment donné tous ceux qui auront participé à ces échanges pour une mise en commun des questions que cela a soulevé chez chacun)

  • - Quelle restitution faire à partir de ce matériau ? Projet artistique? Exposition ? Forum ?

  • - Repérer les questions qui émergeront de ce travail

  • - Réfléchir au « comment » toucher un public plus large que celui qui est impliqué dans les associations et structures, par exemple faire un travail d'interview à l'extérieur de la Fête des Droits de Toutes les Couleurs (FDTC ?)]

  • - Tenue d'un carnet de bord ou carnet d'itinérance … de nos rencontres même les plus inattendues avec d'autres paroles

Communication

  • - Mettre en place une diversité de moyens d'expression grâce à nos ressources et compétences diverses

  • - Participation au « carrefour internet des cultures »

  • - Alimentation du blog

  • - Refaire peut être à terme une doc plus complète qui présente nos actions ( 2010)

  • - Site participatif WIKI

Finalité

  • - Déterminer les fondements philosophiques de nos rencontres et actions dans le domaine de l'interculturalité

  • - Faire évoluer les représentations ( de façon mutuelle et dans un esprit d'auto-formation)

  • - Affirmer que notre action s'inscrit dans une réalité sociale et politique en passant par des actions concrètes dans une perspective de changements qui pourrait s'inspirer des mouvements populaires

  • - Valoriser les apports culturels de chacun, y compris ceux qui sont « invisibles » et silencieux » en laissant la parole émerger là où elle se manifeste, y compris là où on ne l'attend pas : souplesse et disponibilité


Rendez vous en octobre pour faire un premier choix de thématiques à explorer

 


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Le compte rendu d'AG de TRACÉS du 14 juin s'établit en trois parties publiées sur trois articles différents
- La première concerne nos échanges informels de la matinée afin de déterminer par la suite nos orientations de façon plus précises
- La seconde autre est plus officielle et concerne la partie administrative et les comptes rendus moraux et financiers de l'asso
- La troisième consiste en un relevé de conclusions et d'orientations qui a bouclé la journée


2°Rapport d'activité, rapport moral et bilan financier de TRACÉS


Rapport moral

En un peu plus d’un an, depuis la création de TRACĒS, le Bureau, mis en place par le CA, a donné une existence à l’association par la création de moyens de communication, la reconnaissance officielle de la Direction régionale de la Jeunesse et des Sports et de l’Agence pour la Cohésion sociale et l'Égalité des chances ainsi que par des réunions régulières, élargies à deux reprises, en octobre et janvier à tous ceux qui se reconnaissent dans le « chercheur collectif »

Ainsi, à partir de la notion centrale de « lieux d’accueil » aux multiples possibles, affirmée lors de l’AG constitutive, s’est peu à peu établi un processus de recherche action qui a fait émerger deux grands axes complémentaires d’un ensemble de pistes : permettre l’expression, la valoriser et mutualiser les démarches d’une part ; accepter l’impact sur nous-mêmes du « choc culturel » pour poser les questions qui émergent et bousculent nos repères d’autre part.

La principale difficulté dans l’immédiat est d’organiser et développer cette recherche action à partir de trois noyaux : Rennes, Paris et le Finistère, sans compter ceux/celles d’entre nous qui sont la plus grande partie de l’année en Équateur ou au Sénégal.


Fonctionnement

Rappel des réunions de bureau et des réunions élargies (qui ne furent pas des AG).

Communication : listes de diffusion, blog, tract , affiche 

le blog n'est pas tenu très régulièrement à jour faute de matériau, c'est pourtant un outil d'échanges qui peut avoir son intérêt. Dominique en est la responsable, elle sollicite chacun pour amener, témoignages, texte, notes de lecture et infos !


Reconnaissance de TRACĒS

  • l’association a obtenu le label « 2008, Année européenne du dialogue interculturel / Vivre ensemble la diversité » ;

  • elle s’est présentée à la Direction régionale de la Jeunesse et des Sports qui l’a assurée de son soutien, dans la mesure de ses moyens, pour 2009.


Élaboration d’orientations

pour 2009 suite aux réunions du chercheur collectif  le 12 octobre et le 6 décembre 2009 à Rennes et à Lorient.

 

Groupe de travail   n° 1 : Actions locales / mutualisation (responsables : Cathy et Serge)

 

1 - Actions locales
 Certains membres de TRACÉS participant à ce groupe développent ou initient des actions caractérisées par le recueil de témoignages, de migrants particulièrement, afin de valoriser les parcours et les savoirs de personnes de cultures différentes, en raison de leur origine ou de leur vécu.

 

D’autres membres –ou les mêmes- s’y impliquent comme chercheurs-acteurs pour comprendre ensemble ce qui se crée dans le temps ou l'espace de la rencontre et définir ces choses nouvelles qui émergent des confrontations ; le but est d’élaborer des méthodes permettant de mieux construire ensemble ici comme dans des situations de rencontres et de retours.

 

2 - Mutualisation en Bretagne
En faisant circuler les bilans de ces actions, à la fois dans leur aboutissement et dans leur déroulement, en partageant les tâtonnements des uns et des autres, TRACÉS valorise la diversité culturelle et humaine, assise d’une démarche permettant d’aller, en tout domaine, du « frottement » des cultures à une création collective adaptée à notre époque, celle d’une mondialisation qu’il convient de libérer de la dominante économique.

 

En vue de réaliser cette mutualisation, Serge se propose de rencontrer des structures déjà identifiées à Brest, Rennes, Vannes et Quimper. Les membres de TRACĒS peuvent lui en indiquer d’autres. Il a préparé à cette fin un courrier accompagné d’un léger questionnaire destiné à préparer la rencontre.

 

Groupe de travail  n° 2 : Le « choc culturel » (à défaut d'une expression plus appropriée)  à l’aller comme au retour, du Nord au Sud comme du Sud au Nord, de l’Ouest à l’Est comme de l’Est à l’Ouest et transversalement (responsables : Dominique et Véro)

Nous avons commencé notre travail de groupe selon deux options ( à valider en AG) :

- réaliser tout d'abord une série d'interviews à partir d'un questionnaire simple destinés aux migrants installées en France depuis un temps assez long, mais aussi aux français qui peuvent avoir été en contact avec d'autres cultures par le biais d'études, de mission etc. ( voir sur le blog le CR de nos réunions du premier semestre 2009 ). De ces interviews, nous espérons pouvoir tirer des pistes de travail qui serviront à alimenter notre réflexion commune.

-d'autre part préparer une intervention, sous une forme qui reste à déterminer, à la fête des droits de toutes les couleurs (FDTC) en décembre 2009, en nous impliquant dans le groupe de pilotage de la fête.


Rapport financier

Situation pour la période allant du 29 Mars 2008 au 13 juin 2009.

Produits : cotisations 2008 : 85 € ; cotisation 2009 : 20 €.  Total des produits : 105 €

Charges : Déclaration au Journal officiel : 39 € Excédent : 66 €

Puis présentation du prévisionnel pour l'année en cours

Les trois rapports ont été adoptés à l’unanimité, le quorum d’1/3 des adhérents étant atteint.

Élections


CA 

Evelyne Jadé, Lynda Chapalain,

Bureau 

Cathy Marc, Présidente

Serge Bonnal, Trésorier

Danièle Jacquemont, Secrétaire

Dominique Dieterle, Secrétaire-adjointe

 



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Le compte rendu d'AG de TRACÉS du 14 juin s'établit en trois parties publiées sur trois articles différents
- La première concerne nos échanges informels de la matinée afin de déterminer par la suite nos orientations de façon plus précises
- La seconde autre est plus officielle et concerne la partie administrative et les comptes rendus moraux et financiers de l'asso
- La troisième consiste en un relevé de conclusions et d'orientations qui a bouclé la journée


1° présentation et échanges sur nos expériences


AGNÈS :elle appartient à une association installée en région parisienne qui travaille notamment sur les histoires de vie, dans le but de définir et faire reconnaître la citoyenneté des populations qui sont ainsi amenées « à prendre la parole pour exister. »

Elle nous donne quelques exemples d'actions réalisées avec « Traces d'Avenir » :

Mettre des migrants en situation d' être à leur tour les « donateurs »ou les « aidants ». Emmener des jeunes du 93 au musée du Louvre et leur faire ainsi découvrir un autre type de « choc culturel ». A partir de carnets de bord réalisés en atelier d'écriture, créer de courtes pièces de théâtre « coups de poing ». Favoriser l'accueil d'étudiants étrangers dans des familles. Répertorier les domaines de la transmission entre générations issues de l'immigration. Participer à des forums, où l'on s'aperçoit que tout le monde peut s'investir dans la solidarité à son propre niveau. Créer des liens entre les différentes communautés,ce qui permet de constater que beaucoup de groupes se posent les mêmes questions et ont une réflexion pertinente sur ces sujets.

 


EVELYNE : comédienne engagée dans le domaine du « théâtre forum ».Elle a mené durant l'année passée un vaste projet avec d'autres groupes qui ont les mêmes pratiques sur le thème « accueillir l'autre », qu'il soit étranger ou tout simplement différent. Le bilan fait apparaître l'émergence de créatifs culturels capables d'investir l'espace public pour explorer les pistes d'échanges. Mais aussi, que les personnes impliquées localement dans différents types d'action ne cherchent pas souvent à s'investir au niveau de la région par manque de temps, de disponibilité et de motivation.

Les histoires recueillies ne sont pas à proprement parler des histoires de vie (ce qui demanderait un travail plus conséquent) mais des récits du vécu qu'on peut mettre en scène pour irriguer la réflexion à un niveau plus large. Il ne s'agit pas « d'enseigner aux autres » ce qui doit être , mais d'une mise en commun dynamique des expériences de rencontre individuelle.

 


DOMINIQUE : après un itinéraire professionnel varié (éducatrice, animatrice, artiste et plus récemment engagée politiquement), elle s'interroge sur l'ouverture des structures (politiques ou non) et des associations, sur les gens qui ne viennent pas solliciter ce genre de réflexions ( à propos de l'inter-culturalité ) mais qui pourtant la vivent au quotidien sans avoir parfois les outils nécessaires pour comprendre. On a tous besoin de lieux pour se ressourcer intellectuellement et nourrir sa réflexion, mais on reste souvent replié sur son cercle protégé à tourner en rond pendant qu'une part de la population se sent oubliée, invisible, voire carrément trompée.

Dans son parcours, que ce soit avec des handicapés, des publics marginalisés, ou dans le cadre de la solidarité internationale, elle pense que la pratique artistique est un véritable espace de rencontre inter-culturelle qui facilite beaucoup la perception d'un langage commun et qui harmonise les différences tout en les rendant visibles et même nécessaires. L'art est toujours un éloge de la diversité.

Elle travaille avec Véronique dans le groupe 2 de TRACÉS autour du problème des représentations et des préjugés qui font naitre ce qu'il est convenu d'appeler le « choc culturel »

 


DANIELE :directrice de la maison des Squares, située à Rennes dans un quartier cosmopolite qui rassemble une centaine de nationalités. Cette structure, qui existe depuis 1974 a changé de structure juridique en 98 de façon que le travail avec les habitants leur permette de s'emparer des projets et de porter la structure. Depuis janvier 2008 une convention s'est établie avec la ville de Rennes. Cette dernière année a par ailleurs été marquée par des conflits entre le CA et la directrice pour des raisons de discrimination qui ont entrainé une grave tourmente inter-culturelle.

Elle pense à TRACÉS comme un point « d'accroche » et un lieu de ressource , en effet, beaucoup de gens réfléchissent sur les migrants, l'accueil, mais il manque un fil rouge pour relier toutes ces problématiques. Car les gens du terrain sont souvent happés par le quotidien des difficultés rencontrées par les populations sur place, et d'autre part on a parfois le sentiment que les politiques utilisent, avec des méthodes discutables, les problèmes des migrants pour servir des fins utilitaristes qui serviraient à « redorer leur blason ».

Pourtant la question des migrants est urgente, d'autant que les types de migration évoluent très vite, et qu'on n'avance guère sur le travail et les droits.


Nous avons un échange sur les conventions entre les villes en général et les équipements culturels, au cœur desquelles la question financière est généralement primordiale, pourtant on pourrait imaginer d'autres modes de solidarité, d'autres formes associatives sur le mode coopératif par exemple qui mettraient en jeu des échanges différents entre les personnes et les groupes.



VIRGINIE : d'origine malgache, elle s'est occupé dans son pays de la fédération des femmes au ministère de la population avant de s'établir en France pour des raisons politiques. Elle fait face quotidiennement au choc culturel aussi bien dans son travail auprès des personnes âgées que dans son village du Finistère. Elle pense que sa double culture lui donne une facilité de communication et que c'est intéressant d'avoir un pied dans chaque culture. Elle aimerait trouver des moyens de faire partager ici les savoirs de ses origines, et en même temps de faire comprendre aux habitants de son pays la somme de travail réalisée par les associations ou les migrants pour apporter l'aide à Madagascar.

Il est important de bien s'implanter là où on arrive pour comprendre quelles valeurs peuvent être partagées: elle constate par exemple qu'il y a des identités, ou des correspondances, entre les anciens de son pays d'origine et les gens âgés dont elle s'occupe ici. Elle a encore beaucoup de questionnements sur les orientations de TRACÉS, mais elle pense que cela pourra aussi l'aider à travailler autrement pour son pays d'origine que de s'interroger avec nous.


A ce sujet nous nous interrogeons ensemble sur ce que l'on sait, ou ne sait pas du rôle des diasporas, d'une part afin de comprendre les causes des départs des migrants ( rarement de gaité de cœur, contrairement à ce que l'on pense ici) et d'autre part au sujet de l'économie parallèle et néanmoins considérable générée par ces diasporas. Il s'agit ici d'agir, plus qu'au niveau personnel, sur nos représentations collectives de l'autre, de son parcours, de son histoire: par exemple considérer la différence qu'il y a entre migration, exil, déplacement de population, statut de réfugié, ce qui est rarement pris en compte dans l'histoire de l'étranger que nous côtoyons



SERGE : il est investi dans le groupe1 de TRACÉS avec Catherine qui travaille à Quimper dans le quartier de Penhars. Il s'agit de recueillir des témoignages de migrants pour valoriser leurs apports et leurs contributions à l'environnement dans lequel ils vivent. Une façon également de s'intéresser aux évolutions séparées des cultures dans le même territoire, et aux trajectoires diverses que des gens de même origine peuvent développer ensuite selon qu'on a ou non accepté de considérer avec empathie d'où ils viennent et ce qu'ils ont à apporter au « pot commun »

Pour lui, l'inter-culturel n'est pas une solution au vivre ensemble, mais le problème à résoudre dans le monde à l'heure actuelle. En effet il s'agit de substituer à la domination des repères économiques et à des types d'échanges « sauvages » ,une interculturalité qui se fonde sur les valeurs humaines. Le choc des civilisations n'est pas inscrit dans l'histoire de la planète, même si les guerres et les dominations sont récurrentes, mais il faut au contraire faire le pari que le frottement des cultures est positif, qu'il favorise le dialogue entre les cultures, et que la solidarité amenée par des actes concrets dans l'espace de la société civile peut faire émerger un nouveau potentiel très fort dans le champ de la mondialisation.

Trouver ensemble une façon d'aller vers l'autre sans masques et sans armures, pour arriver à construire des rapports de dialogue entre des personnes qui ont des repères différents : l'écoute de l'autre avec une attitude de respect permet de vivre et de bâtir ensemble.


Une discussion s'engage à ce niveau à propos du terme « humain » employé par Serge comme « positif ». Certains pensent que l'humanité n'est pas un caractère de l'ordre moral, c'est à dire du bien ou du mal, mais que l'humain étant capable de tout, toute société, même injuste, est « humaine », que toute culture, même contestable de notre point de vue, est « humaine » également puisqu'elle met en jeu une construction et une organisation d'êtres humains. Ce qui n'est justement pas sans poser le problème de la représentation des normes, et de l'ethnocentrisme de notre vision « humaniste » . C'est l'éternel problème du respect de ses propres valeurs et convictions, tout en se gardant de plaquer sur l'autre une image de « barbare » non civilisé. Intrication étroite à ce niveau des problèmes culturels, religieux et politiques dans le regard que nous portons sur l'étranger et ses modes de relation, mais aussi qu'il porte sur nous et nos façons de vivre, de penser, de sentir.

D'où peut être la nécessité de s'écouter, de se parler, de s'entendre, avant de vouloir comprendre et d'accepter, et parfois même, de ne pouvoir ni comprendre, ni accepter.



CHRISTIAN : Il parle d'un groupe auquel il appartient « biographie et citoyenneté » dans le cadre de ASIHVIF ( association internationale des histoires de vie en formation). L'interculturalité part du vécu, d'où l'utilisation des récits de vie, qui aident à se former ( et à se transformer) grâce au rapport interactif du langage et de la culture. A travers l'histoire individuelle, on retrouve l'histoire des communautés, du lien social, de la collectivité, dont l'explicitation élargit aussi notre vision du monde.

Il a participé à l'organisation du premier forum social de Rennes élaboré selon des méthodes très ouvertes, dont les animateurs sont avant tout des « facilitateurs ». Chacun apprend de l'autre, il n'y a pas de savoirs confisqués. Ce terme de "facilitateurs" est employé aussi au Forum Social Mondial de Belém dont il a co-animé un atelier avec le Réseau des Écoles de Citoyens (RECit) en janvier 2009.

Dans toute cette réflexion il est nécessaire de ne pas perdre de vue qu'on passe sans arrêt du local au global, car aucun problème de rencontre, de langage et d'histoire, même dans ses différences intrinsèques, n'est étranger à l'humanité.

Cette rencontre et cette connaissance nous permettent par exemple de nous inspirer de ce qui se fait ailleurs : il nous parle du Brésil et des aménagements urbains pris en charge dans les quartiers par des groupes de citoyens qui commencent toujours par construire l'équipement collectif ( maison communautaire, jardin, garderie, cantine) avant de travailler sur les chantiers d'habitat individuel ou collectif appelés « mutirão ».

L'apprentissage de la liberté et de la réciprocité passe par ces règles démocratiques acceptées par tous. De la même façon que les méthodes d'alphabétisation préconisées par Paulo Freire partent toujours des savoirs et de la culture des gens ( mots générateurs) dans une dynamique personnelle et collective.


Est abordé ensuite le problème de ces aides qu'on apporte à des gens qui ne l'ont pas toujours demandé en leur « imposant » des sortes de diktats sur l'utilisation obligatoire du « collectif ». Ce que nous mêmes ici n'accepterions pas, tant il nous semble que ce sont des « droits » (par exemple si l'on nous obligeait à construire nous mêmes ensemble les écoles ou les dispensaires pour pouvoir être assurés du droit à la santé ou à l'éducation)

On comprend bien que faute de droits applicables en bien des endroits, il est tout de même préférable d'inciter les gens à se grouper pour obtenir quelque chose. Mais quoi? En effet on constate également que l'aide humanitaire (hors aide d'urgence) crée parfois des besoins et des « perversions » chez les gens qu'elle prétend aider parce que la nécessité ne vient pas des personnes elles mêmes mais d'une incitation extérieure qui ne leur est pas forcément utile dans un contexte que les « aideurs » ignorent ou connaissent mal

Les expériences rapportées par Christian prouvent effectivement que les actions collectives sont toujours plus efficaces et porteuses d'espérance, de formation et de dignité quand elles sont « pensées » à l'avance par ceux qu'elles concernent et qu'elles émanent d'un contexte culturel vécu par ses protagonistes.

 


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Assemblée générale de TRACÉS - 14 juin 2009- Maison des Squares à Rennes

 


7 adhérents étaient présents pour une journée de réflexion, de débats animés et d'échanges intéressants sur les sujets qui nous préoccupent autour de la rencontre inter-culturelle


Présent-e-s : Serge Bonnal, Virginie Corre Milson, Dominique Dieterle, Danièle Jacquemont, Evelyne Jadé, Agnès Legrix, Christian Leray.( 10 adhérents excusés)


Ce compte rendu s'établit en trois parties publiées sur trois articles différents
 
- La première concerne nos échanges informels de la matinée afin de déterminer par la suite nos orientations de façon plus précises

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- La troisième consiste en un relevé de conclusions et d'orientations qui a bouclé la journée


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Dimanche 14 juin, de 10 h à 16 h 30.
à la Maison des Squares, 23 bis place de Serbie à Rennes.

A partir de 9 h 45 :  Accueil  (Danièle). Echange sur l’ordre du jour en vue éventuellement de modifications.


10 h 15 à 11 h 15 :   Tour de table  Chacun-e se présente / ou présente son association rapidement  en disant ce qui a changé pour lui/elle depuis un an par rapport au lien établi entre les six mots composant TRACĒS.


11 h 15 à 12 h : Cette même perception à travers les échanges au sein du groupe international de RECit (Réseau d’écoles de citoyens). animé par Christian Leray


12 h  à 13 h :  Rapports, échanges et votes

  • Rapport moral (Cathy)
  • Rapports d’activité (Dominique )
  • Rapport financier (Serge)


13 h à 14 h : Pause pique-nique


14 h à 15 h 45 :  Choix des orientations (animation : Evelyne). Pas de propositions préalables mais chacun-e sera invité-e à faire une ou deux proposition précises compte tenu :

- Des difficultés de cette première année pour fonctionner sur un plan régional ;

- Du démarrage de deux groupes de travail ayant chacun une orientation précise ;

- Des moyens financiers (1000 € accordés pour 2009 par la DRDJS).


16 h à 16 h 30 :

Vote des orientations et du montant de la cotisation

Election du CA et du Bureau

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