But de l'association

Créer des lieux d’accueil, de mémoire et de Recherche-Action sur l’échange interculturel par le recueil de témoignages de retour et de journaux d'itinérance, la préparation au départ, la rencontre entre migrants, voyageurs et autochtones ici comme ailleurs,  et l'ouverture d'une  réflexion nouvelle sur les rapports nord/sud

La boite à lettres traces.bretagne@gmail.com est là pour recueillir vos contributions, vos articles, vos demandes de rencontre, vos témoignages, vos informations.

Pour joindre directement la présidente à Quimper par le biais de l'Ecrithèque : 02 98 64 86 57

Voici une rubrique qui pourrait devenir régulière si chacun d'entre les adhérents de l'asso envoyait une ou deux fois par an une note de lecture sur un ouvrage qui l'a particulièrement marqué, ou interessé.


Aujourd'hui Serge Bonnal nous propose une rencontre avec le peuple Maasaï à partir du livre de Xavier Péron


Xavier Péron Retour à la Vie Collection Les Regards de l’Autre (Ouestélio)

 

Xavier Péron, expert des Peuples premiers, s’est consacré à la cause Maasaï, après avoir démissionné de ses fonctions d’enseignant –chercheur. Dans ce livre, il transmet d’abord neuf messages que lui a confiés Kenny Matampash Ole Meritei, Porte-parole des Maasaï auprès de diverses agences internationales.


L’enjeu est de « nous sauver tous ». Sur les plans économique et écologique, les Maasaï ont déjà connu, après les méfaits du colonialisme, ceux du progrès apportés par l’agrobusiness : de 2001 à 2004, pas une goutte de pluie alors que les réserves d’eau sont utilisées pour irriguer de « gigantesques plantations d’agrumes et de fruits de la passion destinés à l’exportation » ; fertilisants utilisés à haute dose dont l’ingestion tue les vaches, destruction de la biodiversité. Sur le plan culturel, leur « précieux héritage » est en danger : « [le village global], nouveau concept issu de l’idéologie du développement, est le pire fossoyeur de l’humanité et des Peuples primaires que nous ayons jamais connu » ; en effet, ceux qui parlent de ce village virtuel ne savent plus ce qu’est un village et « veulent que nous nous engagions à notre tour dans une société sans villages, sans différences, sans spécificités et sans valeurs… C’est l’anesthésie, la mort assurée, consciemment ».


Les valeurs conservées intégralement par les Maasaï –Dignité, Intégrité, Amour, Humilité- relèvent directement de leur connexion avec le « Grand Tout », appelé également « Pouvoir Cosmique » Ce lien est « l’énergie du monde » et nous rend co-Créateurs avec l’« Intelligence Cosmique ». Les Peuples Premiers se battent pacifiquement pour que nous nous interrogions sur notre refus obstiné « d’obéir aux lois de la Nature, aux lois cosmiques, à la force vitale qui, en nous, les reflète » et pour réveiller en nous « les forces vives de la Vie ». En effet, au cours de ses études puis de ses nombreux voyages, il ne trouve, derrière les sourires et les convenances que dessèchement, solitude, misère de l’âme et peur de l’autre (exemples de ses « chocs culturels » p. 78 à 85 et 116 – 117).


Pour échapper à cette déshumanisation, Kenny donne l’exemple de la société maasaï, « bâtie sur le concept de voisinage de telle sorte que personne n’ait jamais à souffrir de solitude, le pire de tous les maux pour nous. Un concept dans lequel chacun prend soin de tous. » Ce concept se vit au quotidien dans des maisons et villages circulaires ; ainsi se constitue une chaîne « d’une famille à l’autre au sein d’un même village, mais aussi d’un village à l’autre, et par extension, dans l’Univers ». Nous sommes tous reliés et « nos pensées demeurent en harmonie avec la Source car la pensée juste, positive, est toujours circulaire » ; sans ce lien c’est la solitude et le Vide, nous perdons nos repères car nous ne sommes plus « au centre de nous-mêmes ».


Kenny nous incite donc à retrouver notre enracinement et notre équilibre : « L’Intelligence cosmique fera le reste. Et c’est le monde entier qui changera. » A nous de réagir contre notre découragement en nous appuyant sur ce que nous considérons à première vue comme négatif car « rien ne s’opère sans la tension des opposés ». Plutôt que la confrontation qui « pollue intérieurement », il nous exhorte à « [accueillir] les contraires afin de les harmoniser, c’est ainsi que la dualité deviendra inséparable et ne sera plus la dualité ».

L’apprentissage de cette « maîtrise des contraires » est un moment fondamental d’une Initiation qui commence à la naissance et se poursuivra pendant une trentaine d’années. C’est elle qui apporte « l’aptitude à recevoir les messages divins alors que les livres n’apportent pas cette connexion… » ni le discernement nécessaire pour régler les graves problèmes surgissant dans le quotidien. C’est elle qui donne à Kenny la Force d’affronter la modernité et d’oser, « le regard clair et la démarche alerte », proclamer : « Les Maasaï sont un Peuple élu, ils savent qu’Enkaï, Dieu, a tissé un lien particulier avec eux pour qu’ils soient les libérateurs de la Vie dans le monde ».

 

Enfin, dans une sorte d ’Annexe, Xavier Péron présente les objectifs de l’association « Retour à la vie » :

  • Sauver les Maasaï, leurs derniers pâturages, leur environnement, leur culture.

  • Eveiller l’Occident à l’unité intérieure de l’Etre.

  • Créer une « Ecole des Savoirs Premiers et des Regards de l’Autre ».


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